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Peux-ton emmener les enfants au cimetière?

cimetière enfant

La mort nous hante tous. C’est le sel qui donne du goût à l’existence et sans elle, toute chose serait fade et vide de sens. Nous aimons nos vies, nous faisons des choix et construisons notre histoire grâce à la perspective de la finitude. C’est l’humaine condition, mais paradoxalement, surtout dans les sociétés occidentales, c’est quelque chose que nous essayons d’intérioriser dans notre inconscient. Les cimetières en sont le symbole : la mort est isolée spatialement et temporellement. Il faut un lieu et un temps pour s’exprimer, loin de nos vies quotidiennes. Mais comment peut-on savoir comment un enfant perçoit un cimetière? Comment le guider vers une compréhension de la mort à la fois raisonnée et émotionnellement stable?

L’évolution de la perception de la mort chez l’enfant

Selon les étapes du développement psychologique de l’enfant, celui-ci apprend à intégrer la mort comme un facteur déterminant de l’existence. Jusqu’à 3 ans, l’enfant ne peut pas intégrer un concept aussi large. Pour lui le monde se résume encore à sa perception, ses capacités d’anticipation et d’empathie sont peu développées. Durant cet âge, il apprend cependant à comprendre la finitude, c’est le fameux « ya plus » que disent les enfants lorsqu’ils constatent que certains choses disparaissent sans revenir. Vers 5 ans, l’enfant est déjà plus mature. Il comprend qu’une personne peut mourir même s’il a besoin généralement de simplifier à outrance les raisons de la mort (accident, grande vieillesse) et ce qui se passe lorsqu’on meurt (aller au ciel, dormir). L’enfant intègre la mort dans son quotidien par l’intermédiaire des jeux imaginaires. A cet âge, l’enfant joue à tuer et ressusciter ses personnages imaginaires. La mort lorsqu’elle n’est pas en lien avec des proches est appréhendée comme un événement imaginaire plus ou moins excitant, c’est d’ailleurs une manière d’intégrer la mort dans notre société qui perdure bien après, pendant l’âge adulte : dans les films et les jeux vidéo principalement. Plus tard enfin, vers 7 et 8 ans, l’enfant développe une vision plus mature de la mort. Il sait que c’est un sujet grave et irréversible sur lequel chacun peut avoir une vision personnelle. Cela apparait bien sûr plus rapidement si l’enfant participe aux rituels entourant la mort d’un proche comme un des grands-parents le plus souvent. Il comprend encore un peu plus tard, vers la préadolescence lorsqu’il remettra en question les croyances de ses parents, que la mort est un voyage qu’on appréhende seul, un sujet sur lequel aucune personne n’a plus raison qu’une autre.

Emmener naturellement son enfant au cimetière

L’enfant à partir d’environ 6-7 ans doit être intégré dans les rituels commémoratifs entourant la mort des proches. La cérémonie d’enterrement et le cortège funèbre jusqu’au cimetière sont l’occasion pour l’enfant de préparer son deuil et d’observer la manière dont la mort est vécue par les proches. C’est aussi l’occasion de lui montrer que le défunt était aimé et il a de plus l’occasion de lui dire au revoir par l’intermédiaire d’un dessin ou d’un objet s’il en fait la demande lui-même. Une fois que la cérémonie a eu lieu, se pose alors la question de savoir si vous pouvez emmener un enfant à nouveau dans un cimetière. En effet, lors de la cérémonie, la présence des adultes permet à l’enfant d’outrepasser l’aspect potentiellement lugubre des cimetières. Mais s’il revient seul avec une personne, on peut penser que c’est mettre en relation trop directe l’enfant et la mort. Selon tous les psychologistes de l’enfance, il ne faut absolument pas hésiter à amener un enfant au cimetière pour s’occuper de la tombe des défunts, surtout si celui est très proche. C’est lui apprendre comment continuer à entretenir la mémoire des gens disparus et aimés, ce qui contribue au développement de son empathie, et c’est lui montrer que la mort est un processus naturel. Essayer à tout prix de cacher la réalité parfois triste de la vie à un enfant, tel qu’un cimetière, c’est décupler les chances de voir se développer plus tard chez lui des névroses et pulsions fortes lorsque le principe de réalité prendra le dessus sur celui du coquillage protecteur qu’il s’est créé. Le choc en sera d’autant plus brutal. Emmener les enfants au cimetière est donc important pour leur développement émotionnel et les renforcer en tant que futurs adultes sachant donner à la mort une place saine dans leur vie.

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